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(2022) 26. 13 mai 1972 - 13 mai 2022 : 50 ans
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Genèse Avril 1971 et le Monima Précurseurs de mai 1972 Sans prétendre refaire lhistoire ni adopter une démarche éloignée de celle de lhistorien, sans avril 1971, y aurait-il eu mai 1972 ? L ucile R abearimanana N éanmoins, affirmons demblée que les faits savèrent plus com­plexes quon ne le pense. Pour expliquer les relations entre les deux évènements, il faut tenir compte de certains facteurs. Le contexte national notamment, ainsi que mai 1968 en France, ont influé sur le cours des faits se déroulant à Madagascar, aussi bien en milieu rural que dans les villes. U ne situation socio ­politique de plus en plus explosive Derrière une démocratie de façade, insatis­factions et mécontentements grondent, en silence. Sur les Hautes terres, dans la capi­tale, dans le Vakinankaratra, intellectuels malgaches et jeunes coopérants français analysent la situation dans le pays, inter­prètent les textes marxistes. Le Mouvement pour lindépendance de Madagascar (Monima) canalise les souffrances et les volontés de changement sexprimant dans le Sud du pays. Des relations se nouent entre les uns et les autres entre 1969 et 1971, éclate le soulèvement dans le Sud. Les initiatives prises par ce parti opposé à lÉtat néocolonial du Président Philibert Tsiranana et, surtout la répression, vio­lente, aveugle qui sensuit, se répercutent forcément sur les autres organisations anti­gouvernementales. Dans la capitale comme dans dautres villes, à luniversité Charles de Gaulle, à lécole de Médecine, réunions, grèves, arrestations préparent le mai 1972 malgache. Pour ceux qui ont milité pour le retour de la souveraineté de leur pays, ou tout sim­plement espéré des changements poli­tiques consistants et lavènement de la liberté en même temps que lindépendance, les années 60 marquent la déception et la fin des illusions. Le régime pèche par une absence de démocratie et ladministration locale multiplie les violences et les abus, décuplés par rapport à ce quelle infli ­geait aux populations rurales durant la colonisation. Le régime de la première République ne peut se targuer de faire régner la démocratie, même si le parti au pouvoir se dit social-démocrate L e règne sans partage du PSD et l omniprésence de la F rance Le régime de la première République ne peut se targuer de faire régner la démocratie, même si le parti au pouvoir se dit social-dé­mocrate. Derrière un pluripartisme formel se cache la dictature du Parti social-démo­crate(PSD). Bon nombre dorganisations politiques modérées se rallient au parti du président de la République, dautres se voient dépouillés de leurs membres et ne voient plus leur raison de subsister. Restent deux partis, fondés dans lambiance du référendum du 28 septembre 1958 orga­nisé par le Président Charles de Gaulle pour ladhésion ou non des Territoires doutre-mer(Tom) à la communauté fran­çaise, le Parti du congrès de lindépen­dance de Madagascar(AKFM) et le Monima poursuivent sans relâche la lutte pour une véritable indépendance. Ils sopposent à la politique autoritaire, dictatoriale du PSD, qui accapare les postes électifs et nomme des cadres obligés de lui obéir à la tête des institutions administratives. De plus, la présence des assistants tech­niques français autour du président de la République, dans les ministères, dans les établissements denseignement, à la tête des organismes économiques et sociaux, ne peut que fortifier les citoyens malgaches dans lidée que rien ne change depuis la proclamation de lindépendance. Quant aux grandes compagnies françaises dim­port-export, elles restent en place, de même que la grande colonisation agricole. Au contraire, elles diversifient et intensifient leurs activités, rassurées par un régime qui favorise leurs intérêts. Pour parvenir à ses fins, le pouvoir PSD empêche les citoyens démettre leurs idées et dexprimer leurs mécontentements. Sa monopolisation des sièges et des responsabilités saccom­pagne de restrictions des libertés pour les citoyens, surtout dans les campagnes. L es atteintes aux libertés démocratiques La presse, si active depuis lapplication de la Loi-cadre de 1956, voit son travail de dif­fusion des informations et des critiques de la vie publique handicapé par des mesures répressives : saisies de numéros dès leur parution dans la capitale, entraves à leur diffusion en dehors de celle-ci pour les jour­naux dopposition. La Poste devient inac­cessible à ceux-ci, ses services retenant les exemplaires destinés aux provinces et leurs 30 |