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Les inégalités de genre dans les politiques du logement en France
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IMPULS Edgar Aubisse Les inégalités de genre dans les ­politiques du logement en France Une crise du logement qui saggrave dannées en années en France Lannée 2025 fut une nouvelle année noire en matière de politique du logement en France. Les baisses cumulées de la construction de logements sociaux, du nombre de places en hébergement durgence ou encore du montant des aides au logement ont eu pour conséquences daggraver la crise du logement que subit notre pays. Les effets dune telle po­litique se font ressentir : près de 4,2 millions de nos conci­toyen·nes souffrent de mal-logement ou dabsence de loge­ment personnel. Au-delà de ces situations les plus graves, 12 millions de personnes sont touchés, à des degrés divers, par la crise du logement, ce qui fait un total denviron 15 millions de personnes concernés par cette crise(Fondation pour le logement, 2026). Parmi elles, nous décomptons 350 000 personnes sans domicile fixe 1 , plus de 600 000 personnes hébergées de manière contrainte chez un tiers et environ 5,8 millions de personnes en effort financier excessif 2 . Dès lors, le mal-­logement a des causes politiques et appelle des solutions politiques afin denrayer cette dynamique absolument dan­gereuse, voire mortelle 3 pour bon nombre de citoyen·nes français·es. Une politique du logement en deçà des ­attentes, notamment pour les femmes Souvent oubliées, les femmes sont pourtant bien présentes dans ces différents chiffres, en témoigne le nombre de femmes sans domicile fixe : ces dernières représentent 38 % des personnes décomptées(Sénat, 2024). Face émergée de liceberg, le sans-domicilisme est, si lon devait hiérarchiser, sans aucun doute la plus visible et la pire des situations de mal-logement. Toutefois, elle nest pas la seule. Quatre autres dimensions sont intégrées dans la définition de ce terme : les difficultés daccès au logement, les difficultés pour se maintenir dans un logement, les mauvaises condi­1  Cest-à-dire les personnes qui dorment dans la rue ou dans un lieu non prévu pour lhabitation(tente, parking, gare, métro, etc.) la nuit précédant lenquête de lINSEE ou les personnes hébergées en centre dhébergement durgence ou dinsertion, à lhô­tel social ou dans un centre dhébergement spécifique pour demandeurs dasile. 2  Personnes subissant un taux deffort net(la part du revenu qui est utilisée pour payer un loyer, un crédit ou un emprunt) supérieur à 35 %, leur laissant un reste-à-vivre inférieur à 650 euros par mois et par unité de consommation(UC). 3  En 2024, 912 personnes sont mortes de la rue(dont 31 enfants de moins de 4 ans) selon le collectif des morts de la rue. Les inégalités de genre dans les politiques du logement en France 1