FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – LES TRAVAILLEURS INFORMELS, MAJORITÉ DE L’OMBRE La question ne concernait pas uniquement le répondant mais tous les membres de sa famille. Elle ne porte pas sur la fréquence de la maladie ni sur le nombre de visites ou l’absence de visite dans des établissements médicaux. Elle demande plutôt aux personnes interrogées de réfléchir à la fréquence de leur besoin de soins et d’indiquer si elles ont effectivement bénéficié d’un traitement. Nous obtenons ainsi les points de vue des répondants quant à la disponibilité des soins médicaux en cas de besoin. Les personnes interrogées pouvaient donner leur avis sur le nombre de fois où un traitement a été reçu ou juste laisser parler leur intuition. Dans un cas comme dans l’autre, la question met en lumière la perception des personnes de leur capacité à recourir à des services de santé lorsqu’elles en ont besoin. 2.2.1 Recours aux soins médicaux – disparités entre les pays Les réponses à notre question font apparaître des différences majeures et nous permettent de classer les six pays en fonction du degré auquel les soins médicaux sont considérés comme disponibles(Figure 2.1). Au Kenya et en Zambie, une majorité de près de 70 pour cent a déclaré que les soins médicaux sont toujours ou presque toujours disponibles en cas de besoin. Toutefois, environ 10 pour cent se sentent encore marginalisés, car ils n’ont pu obtenir des soins médicaux que très difficilement. Au Sénégal et au Bénin, 30 et 32 pour cent respectivement se trouvent dans une situation qui les empêche presque toujours ou toujours de bénéficier de soins médicaux quand ils en ont besoin. Dans ces pays, les personnes qui se passent la plupart du temps ou systématiquement de soins médicaux sont près de trois fois plus nombreuses qu’au Kenya et en Zambie. Les deux autres pays se situent au milieu, la Côte d’Ivoire penchant davantage vers le Bénin et le Sénégal et l’Éthiopie se rapprochant du Kenya et de la Zambie. Nous pouvons parler d’un fossé entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest concernant la disponibilité perçue des soins médicaux. Les personnes interrogées au Bénin, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, évaluent moins bien la disponibilité des soins médicaux par rapport à celles au Kenya, en Zambie et en Éthiopie. 2.2.2 Recours aux soins médicaux – inégalités par lieu de résidence urbain/ rural Le facteur du lieu de résidence confirme l’existence d’un classement des pays en ce qui concerne le recours aux soins médicaux. Au Kenya et en Zambie, le lieu de résidence n’a que peu voire pas du tout d’importance pour le recours aux soins médicaux 5 . À en juger par nos enquêtes, le Kenya et la Zambie semblent avoir comblé le fossé rural/urbain à cet égard(Figure 2.2). Au Sénégal, au Bénin et en Côte d’Ivoire, le milieu de vie devient un facteur de distorsion. Alors qu’en milieu urbain, quelque 44 à 56 pour cent des répondants confirment avoir régulièrement recours aux soins médicaux, ce n’est le cas que pour 25 à 38 pour cent des habitants des zones rurales. L’Éthiopie indique un fossé similaire entre les résidents urbains et ruraux. En Éthiopie, toutefois, le recours aux soins médicaux est fortement assuré pour les deux groupes, l’écart au niveau du recours relatif – que nous pourrions appeler le facteur de discrimination urbain/rural – est donc plus faible. 5 Nous avons simplifié l’appréciation des données en regroupant les cinq possibilités de réponse en deux groupes. Lorsque les répondants n’ont« jamais » ou« juste une ou deux fois » manqué de médicaments ou de soins médicaux, nous parlons de« recours régulier aux soins médicaux » ; lorsqu’ils ont répondu avoir manqué de médicaments ou de soins médicaux« plusieurs fois »ou« à chaque fois », nous parlons de« faible recours aux soins médicaux ». La catégorie intermédiaire« plusieurs fois » est ignorée. Figure 2.1 Recours aux soins médicaux 100% 90% 80% 32,4% 70% 60% 50% 28,0% 40% 30% 20% 39,6% 10% 0% Bénin 30,2% 34,8% 34,9% 23,9% 29,2% 46,9% 17,5% 19,6% 62,9% Sénégal Côte d'Ivoire Éthiopie 12,5% 19,4% 68,1% Zambie 10,0% 21,7% 68,3% Kenya régulier parfois faible Question :« Au cours des 12 derniers mois, combien de fois est-ce que vous(ou un membre de votre famille) avez dû faire face aux situations « Manque de médicaments ou de soins médicaux ? » Réponses possibles : jamais ; juste une ou deux fois ; quelques fois ; plusieurs fois ; toujours. Note : les ménages ne sont inclus que s’ils ont indiqué des cas de maladie au cours des 12 derniers mois. Définitions : recours régulier aux soins médicaux=« manqué de soins médicaux » : jamais ou juste une ou deux fois ; faible recours aux soins médicaux=« manqué de soins médicaux » : plusieurs fois ou toujours. 10
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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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