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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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PROTECTION CONTRE LE RISQUE FINANCIER COMMENT LES TRAVAILLEURS INFORMELS PAIENT-ILS LEURS TRAITEMENTS MÉDICAUX ? Figure 3.4 Sources de financement des soins médicaux selon le genre 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% 48,5% 47,1% 40,8% 42,4% 1,9% Hommes 2,1% Femmes 15,0% 27,5% 9,9% 24,7% 45,0% 52,7% Hommes Femmes 33,6% 28,6% 35,7% 32,1% 16,4% 25,1% Hommes Femmes Sénégal Zambie Kenya 28,2% 24,5% 57,1% 56,9% 6,0% Hommes 8,8% Femmes Côte dIvoire 44,2% 38,9% 40,0% 33,9% 10,5% 19,1% Hommes Femmes Éthiopie Aucun frais facturé Épargne Vente de biens ou endettement(toutes formes) Note : pas de données disponibles pour le Bénin. 3.4 FINANCEMENT DES SOINS MÉDICAUX : LE FACTEUR REVENU Le niveau de revenu peut être lié de différentes manières aux divers modes de financement des soins médicaux. Si les soins médicaux sont fournis gratuitement, le niveau de revenu peut ou non être pris en compte. Toutefois, si le ré­gime prévoit une couverture universelle, les ménages ayant des revenus plus élevés ont les mêmes droits que les pauvres. En labsence de tels régimes, les patients des ménages plus aisés se rendent généralement dans des établissements mé­dicaux offrant une couverture dassurance leurs factures sont prises en charge. Dautre part, les personnes plus aisées peuvent renoncer aux services gratuits pour des raisons de qualité et opter pour des soins médicaux plus approfondis dont ils devront acquitter la facture. Le lien entre le niveau de revenu et le recours à lépargne personnelle est plus explicite. Les ménages dont le revenu par habitant est plus élevé ont une plus grande capacité dépargne et sont mieux à même de payer les services médi­caux de leur propre poche. On peut dire la même chose du recours aux formes de financement incriminées. Lorsque les revenus augmentent, la nécessité de vendre des biens ou de contracter un prêt diminue. La Figure 3.5 illustre les résultats. Pour identifier les effets de linégalité des revenus sur les modes de paiement des soins médicaux, les répondants sont regroupés en quatre niveaux de revenus, définis comme des multiples du salaire minimum légal. 1 1 En Éthiopie, il nexiste pas de salaire minimum légal. Nous avons défini le revenu de référence à 1 500 Birr et établi des limites de revenu simi­laires. Hormis en Zambie, il nexiste aucun lien manifeste entre liné­galité des revenus et laccès aux services gratuits. Comme les soins de santé primaires gratuits en Zambie ont un caractère universel et nempêchent pas les plus aisés dy accéder, beaucoup semblent ne pas en tenir compte. On peut donc supposer que les patients aux revenus plus élevés qui ne sont pas satisfaits de la qualité des services médicaux gratuits optent pour dautres formes de traitement dont ils doivent assumer le règlement. Dans tous les pays étudiés, les ménages puisent davantage dans leur propre épargne si leurs ressources financières sont plus élevées et sils appartiennent à une tranche de revenu supérieure. Leffet inverse peut être observé pour le finance­ment externe. Linégalité des revenus se traduit donc comme prévu : les ménages aisés sont mieux à même de payer leurs factures de soins de santé grâce à lépargne disponible, tandis que les ménages plus pauvres sont plus souvent contraints de vendre des biens ou de sendetter. Les effets négatifs sont toutefois à peine perceptibles en Zambie, la gratuité des soins de santé primaires constitue manifestement un bouclier contre des formes de financement plus astreignantes. Lorsque les soins médicaux ne sont pas gratuits et que les fac­tures médicales ne peuvent pas être payées grâce à lépargne mais uniquement par la vente de biens ou la souscription dun prêt, le résultat ne fait aucun doute. La population est tentée de se priver de soins médicaux. Cette corrélation est mise en évidence dans la Figure 3.6. À lexception de la Zam­bie, les formes risquées de financement des traitements médicaux sont moins nécessaires en raison de la gratuité du système de santé, ce lien est flagrant dans tous les pays. Lorsquil faut mobiliser des moyens financiers en vendant des biens ou en contractant des prêts, la tendance est déviter de se rendre dans les établissements médicaux et le recours aux 25