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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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LÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE EST-ELLE ORGANISÉE ? ET SI OUI, DE QUELLE MANIÈRE ? Figure 7.1 Densité organisationnelle 80% 70% 60% 70,5% 55,5% 58,0% 64,0% 50% 40% 30% 29,5% 44,5% 42,0% 36,0% 20% 10% 0% 1,82 Sénégal 1,41 Zambie 1,14 Kenya 1,23 Bénin Organisés Non organisés 55,2% 44,8% 1,63 Côte d'Ivoire 10,00 66,4% 9,00 8,00 54,3% 7,00 45,7% 6,00 33,6% 5,00 4,00 3,00 2,00 1,85 1,51 1,00 Éthiopie 0,00 Moyenne des 6 pays Groupes par personne commune et dacquérir un poids au niveau politique. Mais quen est-il dans la pratique ? Quels types dorganisation pri­vilégient-ils ? Et quels sont les motifs qui incitent les individus à saffilier à un groupe ? Les pages suivantes explorent ces questions, et quelques autres, dans le détail. 7.2.1 Densité organisationnelle et types de groupes La proportion des acteurs de léconomie informelle membres de lun quelconque des groupes mentionnés est présentée à la Figure 7.1. Dans les six pays étudiés, près de la moi­tié(51,8 pour cent) de toutes les personnes employées de manière informelle sont organisées au sein dun groupe. Le degré dorganisation varie considérablement entre les six pays. La densité organisationnelle du Bénin est de 36,1 pour cent, contre 70,5 pour cent au Sénégal. Et nombreuses sont les personnes adhérant à plusieurs groupes en même temps. La pratique de ladhésion multiple est particulièrement répandue au Sénégal et en Côte dIvoire, plus de la moitié de tous les répondants sont membres dau moins deux groupes. Les personnes occupant un emploi dans le secteur informel montrent une préférence distincte pour certains types de groupes. La Figure 7.2 présente une ventilation par type dorganisation. 2 En moyenne, dans les six pays, les clubs dépargne sont les plus populaires(26,7 pour cent), suivis par les associations religieuses(25,8 pour cent), les groupes de quartier(19 pour cent) et les coopératives(y compris les coopératives de crédit ; 13,8 pour cent). Sagissant des formes dorganisations prédominantes dans chacun des six pays étudiés, on les appellera ici les« Quatre organisations majeures ». Les partis politiques, les groupes culturels et les autres types dorganisations sont nettement moins popu­laires, représentant une part de cinq pour cent ou moins. Tandis que les Quatre organisations majeures éclipsent de loin les autres formes dorganisations, limportance relative de ces quatre groupes varie fortement. Les clubs dépargne sont les plus répandus au Kenya et au Bénin, alors quen Zambie et, dans une moindre mesure, au Sénégal, en Éthio­pie et en Côte dIvoire, les groupes religieux attirent le plus de membres. Les coopératives sont plus importantes en Zambie quau Sénégal et même au Kenya. 3 La Côte dIvoire, le Séné­gal et lÉthiopie comptent davantage de groupes de quartier que la Zambie, ils sont presque inexistants. 7.2.2 Les« Quatre organisations majeures » en quelques mots Un club dépargne ou une tontine est une association dont les membres acceptent de verser des contributions régulières à un fonds commun dont chaque contributeur peut bénéficier à tour de rôle, en tout ou en partie. Si dix épargnants contribuent à hauteur de 10 dollars américains chacun par mois, chacun recevra alors 100 dollars à tour de rôle. Il existe des dérivés de tontines plus sophistiquées, quil nest toutefois pas pertinent daborder ici. Dans bien des cas, les tontines exploitent un fonds social supplémentaire afin daider les membres en cas durgence. Les tontines sont très répandues non seulement en Afrique subsaharienne, mais dans de nombreuses autres régions du monde. Un groupe religieux est, comme son nom lindique, un groupe formé par des personnes de même confession mais qui partagent souvent des liens communs supplémentaires, comme le genre, le lieu ou la catégorie dâge. La fonction principale de ces groupes est lorganisation du culte collectif, souvent suivi dun rassemblement social. En outre, de nom­breux groupes religieux mettent en place un fonds daide sociale ou organisent des services de soins et de soutien en cas de maladie dun membre. Dans de nombreux pays africains, les groupes religieux ou les organisations confes­sionnelles jouent un rôle clé dans la prestation des soins de 2 Dans les deux premières enquêtes(Kenya et Bénin), les associations sportives ont été énumérées au rang doption ; pour les autres pays, elles ont été remplacées par des groupes de quartier ou des groupes résidentiels, qui sont plus populaires. 3 Ce constat tranche avec les données publiées par le Bureau des statis­tiques du Kenya, qui a rapporté en 2016 un total de 10,8 millions de membres regroupés en coopératives dans le pays, soit 39 pour cent de la population dans la tranche dâge de 15 à 64 ans. 65