FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – LES TRAVAILLEURS INFORMELS, MAJORITÉ DE L’OMBRE Figure 8.4 Indépendance des syndicats par rapport au gouvernement 70% 60% 50% 40% 30% 45,4% 36,1% 40,0% 37,1% 44,5% 38,2% 20% 48,0% 49,3% 48,2% 44,3% 64,3% 21,8% 10% 0% Sénégal Zambie Kenya Bénin Côte d’Ivoire Éthiopie NE sont PAS indépendants Sont indépendants Question :« Êtes-vous d’accord avec la déclaration suivante ? Les syndicats de votre pays sont indépendants du gouvernement. » Note : on obtient un total de 100 pour cent en ajoutant l’option de réponse« approuve en partie/désapprouve en partie ». les pauvres et les travailleurs de l’économie informelle. Les répondants des trois autres pays sont pour la plupart indécis et leurs points de vue sont partagés de façon égale entre « oui » et« non ». Trois groupes en particulier sont perçus comme bénéficiant des activités syndicales :« les fonctionnaires du gouvernement »,« les employeurs du secteur privé » et« le gouvernement ». Bien que les niveaux de soutien à leur égard diffèrent, ces trois groupes arrivent en tête dans chacun des cinq pays ou appartiennent au moins aux quatre catégories les mieux notées. Qu’impliquent ces conclusions à propos des perceptions de la main-d’œuvre informelle ? De toute évidence, les syndicats ne sont pas considérés comme les principaux porte-parole des intérêts de la main-d’œuvre informelle. Lorsque les employeurs, les salariés du secteur formel et le gouvernement sont cités comme principaux bénéficiaires, deux conclusions peuvent être tirées : (i) Les employeurs et les salariés ne sont pas considérés comme impliqués dans des relations de travail conflictuelles. Les répondants souscrivent plutôt à l’opinion selon laquelle les syndicats apportent leur soutien aux deux parties. Au lieu d’être perçus comme des vecteurs de conflit, les syndicats sont plutôt considérés comme une passerelle entre les acteurs des différents côtés des relations de travail au sein de l’économie formelle. (ii) Du point de vue social, on considère que le clivage réel se fait non pas entre employeurs et employés, mais entre secteur formel 5 et secteur informel. Une majorité de la main-d’œuvre informelle considère les syndicats comme une courroie de transmission organisationnelle au profit des groupes du secteur formel. L’orientation vers le secteur formel ne devrait toutefois pas faire oublier que bon nombre de répondants estiment également que les syndicats se soucient des« travailleurs de l’économie informelle », même si cette perception n’est pas appuyée dans des proportions similaires. Au Bénin et au Kenya, cet avis est partagé par une légère majorité tandis qu’au Sénégal et en Zambie, plus de 30 pour cent sont favorables à cette perception. Les pratiques au niveau local n’ont aucun lien avec les perceptions positives si nombreuses quant à l’intérêt des syndicats au sein de l’économie informelle. Au Bénin, certains syndicats recrutent depuis plusieurs années des« travailleurs dans l’économie informelle » et l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin(UNSTB) semble bien se porter. 6 Mais au Kenya, le Congrès des syndicats du Kenya (KCTU) avait attendu l’année 2019 pour commencer à faire campagne en faveur de l’affiliation de travailleurs informels. Ici, aucune corrélation ne peut être établie entre le nombre élevé d’avis considérant les syndicats comme soutenant déjà les« travailleurs de l’économie informelle » et les activités syndicales concrètes. Les syndicats semblent plutôt faire l’objet d’un pari sur l’avenir, fondé sur l’espoir qu’ils puissent intégrer l’économie informelle et défendre les intérêts de ce segment de travailleurs. Ils pourront tirer parti de ce« crédit de confiance » lorsqu’ils intégreront concrètement l’économie informelle. 5 Le terme« secteur formel » est utilisé au sens métaphorique, et non pour désigner l’économie formelle. 6 L’UNSTB a rendu compte de la composition suivante de sa base d’adhérents pour 2017 : sur ses 84 526 membres, 71 pour cent appartiennent à des syndicats affiliés de manière informelle(Uhlandssekretariat(2018 : 1-2). 80
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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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