Sammelwerk 
Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

ORGANISER DANS LÉCONOMIE INFORMELLE LINTÉRÊT DE LA MAIN-DOEUVRE INFORMELLE À LÉGARD DES SYNDICATS Figure 8.5 Intérêt pour ladhésion individuelle à un syndicat 0% 5% 10% Côte dIvoire 9,9% Kenya 7,8% Sénégal 7,6% Moyenne des 6 pays 6,4% Éthiopie 6,3% Zambie Bénin 4,7% 4,2% 8,2% 15% 20% 16,0% 14,2% 18,2% 25% 23,0% 20,4% 30% 27,1% Intérêt pour l'adhésion au sein de la population ayant connaissance des syndicats Intérêt pour l'adhésion au sein de la main-d'œuvre informelle Note : pour le Kenya et le Bénin, les personnes ayant répondu à la question des connaissances en choisissant loption B :« Jai entendu parler des syndicats mais je ne sais pas ce quils font » nont pas eu à répondre à la question sur ladhésion. Certaines dentre elles pourraient égale­ment être intéressées à rejoindre un syndicat, les chiffres associés au Kenya et au Bénin sont donc des moyennes basses et devraient être ajustés à la hausse. En moyenne dans quatre pays, 17,7 pour cent se sont déclarés intéressés par ladhésion, y compris parmi les répondants qui avaient uniquement entendu parler des syndicats mais nen savaient pas plus. Si ce taux est utilisé dans le cadre de lajustement, lintérêt pour ladhésion passera à 14,7 pour cent de la main-dœuvre informelle totale au Kenya et à 10 pour cent au Bénin. 8.3.2 Les syndicats, des organisations indépendantes du gouvernement ? La perception généralisée selon laquelle les syndicats ont tendance à agir dans lintérêt du gouvernement soulève demblée la question de la séparation organisationnelle entre les deux parties. Les syndicats sont-ils considérés comme des organisations indépendantes ou perçus comme des organismes guidés et contrôlés par lÉtat ? Dans une société libérale fondée sur le marché, la qualité de la représentation des intérêts ne peut être évaluée que si lindépendance orga­nisationnelle vis-à-vis de lÉtat est garantie. On considère en effet que seule une organisation indépendante peut décider librement si elle souhaite soutenir les politiques gouverne­mentales ou sy opposer ; une organisation dépendante est soumise à la contrainte. La Figure 8.4 reflète les points de vue des travailleurs infor­mels concernant lindépendance des syndicats vis-à-vis du gouvernement : dans cinq des six pays, cette vision est partagée en deux camps de même poids. Le premier est convaincu de lindépendance des syndicats, contrairement au second qui souscrit à lidée que les syndicats sont une extension organisationnelle de lÉtat. par le gouvernement, ils ne peuvent jouer leur rôle au service dintérêts particuliers, apportant leur aide à certains plutôt quà dautres, et sont alors censés fournir une aide univer­selle, sans distinction daucune sorte, comme cest le propre dun gouvernement. 7 8.3.3 Intérêt pour ladhésion syndicale Lorsque les syndicats réfléchissent à des stratégies visant à étendre leur base organisationnelle à la main-dœuvre informelle, ils peuvent soit souhaiter recruter sur une base individuelle, soit chercher laffiliation de groupes établis. Pour cette raison, les répondants ont été invités à faire part de leur intérêt sur deux aspects : premièrement, sils étaient intéressés à rejoindre un syndicat en tant que membre sur un plan individuel ; deuxièmement, sils seraient favorables à laffiliation du groupe dont ils relèvent auprès dun syn­dicat. La première question était adressée à tous ceux qui avaient entendu parler des syndicats, tandis que la seconde ne sadressait quaux personnes qui étaient membres dun groupe. Adhésion individuelle Lintérêt pour ladhésion individuelle est illustré à la Figure 8.5. En moyenne dans les six pays, 18,2 pour cent des personnes LÉthiopie représente un cas particulier puisquune majo­rité importante déclare que les syndicats sont rattachés à lÉtat. En Éthiopie, la prédominance des avis évoquant une dépen­dance des syndicats nous permet de reconsidérer les points de vue précédents concernant les bénéficiaires des activités syndicales(voir ci-dessus). Si laction des syndicats est guidée 7 Largument est valable pour les personnes qui, dans les autres pays, doutent de lindépendance des syndicats. Un public percevant les syndicats comme des entités contrôlées par lÉtat les considérera spontanément comme des organisations principalement axées sur les groupes du secteur formel. Dans de nombreux pays, les syndicats reçoivent un appui budgétaire du gouvernement pour financer une partie de leurs dépenses dinfrastructure. Mais un tel soutien ne porte pas nécessairement atteinte à lautonomie des syndicats. Au Bénin, bien que bénéficiant dun appui gouvernemental de ce type, les syn­dicats se sont mobilisés maintes et maintes fois contre les tendances antidémocratiques et ce, malgré une subvention annuelle. 81