Sammelwerk 
Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG LES TRAVAILLEURS INFORMELS, MAJORITÉ DE LOMBRE Figure 8.7 Disposition à acquitter une cotisation dadhésion 70% 60% 50% 52,3% 52,1% 40% 30% 20% 21,7% 10% 0% mon groupe devrait acquitter pleinement ses cotisations mon groupe devrait bénéficier d'une remise les syndicats devraient fournir des services gratuitement Sénégal Zambie Kenya Bénin Côte dIvoire Moyenne des 5 pays Éthiopie Question :« Si votre organisation sest affiliée à un syndicat, quelle devrait être la relation financière entre votre groupe et le syndicat? A. Mon groupe devrait verser des cotisations aux syndicats et ne pas demander de réduction. B. Mon groupe devrait bénéficier dune remise car mon organisation est trop pauvre pour acquitter des cotisations à plein tarif. C. Le syndicat ne devrait pas demander de cotisations mais nous fournir des services gratuits.» Note : les réponses se chevauchent et les chiffres cumulés ne totalisent pas 100%. en tant quentités contrôlées par lÉtat. Le pourcentage élevé de répondants éthiopiens qui sétaient déclarés disposés, en premier lieu, à acquitter pleinement des cotisations peut refléter un environnement politique autoritaire dans lequel il est préférable de payer ce qui est exigé, même si la demande émane dun syndicat contrôlé par lÉtat. Alors que dans les cinq autres pays, les avis semblent refléter une réelle dispo­sition à acquitter une cotisation, les chiffres pour lÉthiopie devraient être traités avec une certaine prudence et ne pas être pris en compte en létat. Pour le bloc des cinq pays, nous pouvons conclure que linté­rêt à légard de laffiliation se fonde principalement sur les­poir quune relation asymétrique puisse évoluer de manière favorable entre le prestataire des services et le bénéficiaire. Cette asymétrie transparaît surtout dans les catégories qui privilégieraient un statut de« resquilleur ». On la perçoit également à travers celles et ceux qui souhaitent bénéficier dune subvention sous forme de remise. À différents degrés, les répondants ont identifié une disparité entre les syndicats et leurs propres groupes. Ils considèrent leur propre groupe comme trop pauvre pour payer(en totalité), tandis que les syndicats sont perçus comme suffisamment« riches » pour renoncer à une compensation monétaire. Ladhésion syndicale est certes une option qui intéresse les groupes de travailleurs informels, mais la plupart espèrent bénéficier de services à titre gracieux(à tout le moins partiellement). Ladhésion implique donc un contrat social qui permet des transferts monétaires des plus forts vers les plus faibles, des plus riches vers les plus pauvres. 8.5 SYNTHÈSE ET CONCLUSIONS La synthèse des résultats empiriques fait apparaître plusieurs perceptions prépondérantes, quil convient de souligner ci­après : De manière générale, les membres de la main-dœuvre informelle sont peu au fait de lexistence des syndi­cats. Dans les six pays étudiés, une majorité évidente na jamais entendu parler des syndicats ou na aucune connaissance de ce quils font ou défendent. Ce faible niveau de connaissance quant à ce que les syndicats représentent témoigne dune distance structurelle entre la main-dœuvre informelle et ces organisations et démontre en outre clairement que les syndicats ont largement négligé léconomie informelle. Les segments de la main-dœuvre informelle qui ont entendu parler des syndicats ont cependant une vision assez positive du rôle de ces structures dans leurs pays. Dans lensemble des pays, une nette majorité souligne limportance des syndicats, estime quils contribuent à améliorer la situation sociale de nombreuses personnes et souhaite que les syndicats soient des structures fortes et quils se renforcent encore davantage. Selon diffé­rentes intensités, les points de vue exprimés évoquent toutefois la nécessité pour les syndicats daméliorer leur performance, de devenir plus efficaces et dagir avec plus de transparence pour éviter les accusations de corrup­tion. Les personnes interrogées adhèrent pleinement au principe du syndicalisme, mais sa mise en œuvre pratique nest pas appuyée dans la même mesure. Dans cinq pays sur six, une majorité considère les syn­dicats comme des groupes dintérêt, qui sengagent principalement au profit de groupes du secteur formel, 84