FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – LES TRAVAILLEURS INFORMELS, MAJORITÉ DE L’OMBRE Figure 2.7 Demande de services de santé de meilleure qualité et de meilleures retraites(première priorité), par groupes d’âge 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Sénégal 15–24 ans Bénin Côte d'Ivoire 25–34 ans 35–44 ans Éthiopie 45–54 ans Zambie 55–64 ans Kenya 65 ans et+ (comme pour les services de santé secondaires). Il est également possible que des personnes considèrent certaines obligations comme des obligations morales de l’État envers ses citoyens et classent un service spécifique comme priorité absolue indépendamment de leur situation personnelle. Pour étudier l’incidence du revenu sur le choix des priorités, nous avons regroupé les personnes interrogées en quatre catégories de revenu, définies en tant que multiples du salaire minimum légal(SM). La Figure 2.8 illustre les résultats. Les avis exprimés concernant la santé ne dépendent guère du revenu. La demande en matière de santé est liée au revenu en Zambie et les« riches » au Bénin sont moins intéressés par des services de santé de meilleure qualité. Globalement, l’incidence du revenu sur la demande est mineure et toutes les classes de revenu manifestent un besoin similaire à obtenir de l’État des services de santé de meilleure qualité. éducatives supplémentaires reflète l’espoir de segments importants de la population de pouvoir améliorer leurs propres conditions de vie ou celles de leurs enfants 15 . La position dominante de l’« amélioration des services de santé » peut également être interprétée comme l’expression d’une demande d’amélioration des conditions de vie. Il est important de relever que la demande d’« amélioration des services de santé » dépasse de beaucoup la demande d’« amélioration des retraites des personnes âgées ». En moyenne, les personnes qui citent l’« amélioration de la santé » comme leur premier besoin sont onze fois plus nombreuses que celles qui privilégient l’« amélioration des retraites ». Cela pourrait s’expliquer par le fait que les problèmes sociaux actuels pèsent plus lourd que les besoins futurs. Les maladies, leur traitement et leurs coûts constituent des problèmes du quotidien pour beaucoup de monde et font l’objet de plus d’attention que le revenu futur après la retraite. D. LE GENRE Le genre pourrait-il être un facteur influençant le classement des priorités des répondants en ce qui concerne les soins de santé ? La Figure 2.9 apporte une réponse tirée des données de notre enquête. Pour le Kenya, nous observons que les hommes interrogés sont plus nombreux que les femmes à privilégier l’amélioration des soins de santé comme première priorité. L’impact de cette différence est toutefois minime. Dans tous les autres pays, le genre n’est pas une variable qui explique une préférence pour l’amélioration des services de santé. 2.3.3 Discussion Les raisons pour lesquelles« les services de santé » et« les écoles et le système éducatif » arrivent en tête de la liste des demandes des services publics sont évidentes. L’éducation est considérée comme étant le principal vecteur de la promotion sociale. L’obtention de diplômes est pour beaucoup de personnes le moyen le plus facile d’améliorer leurs chances de trouver un emploi sur le marché du travail et de gravir l’échelle sociale. La forte demande d’infrastructures Nous avons testé la dépendance de quatre facteurs sur le choix de la première priorité et avons constaté une corrélation faible à moyenne avec le milieu de vie urbain-rural, pas de corrélation ou une faible corrélation avec l’âge, aucune corrélation avec le genre, et pas de corrélation ou une faible corrélation avec les inégalités de revenu. Étant donné que ces facteurs sont des composantes importantes dans la formation des classes socio-économiques, la stratification au sein de la main-d’œuvre informelle n’est pas ressortie au point que les priorités en matière d’amélioration des services publics dépendent du statut social. Bien que nous ne sachions pas ce qu’il en sera si les différences de revenu s’accentuent, nous pouvons affirmer que le niveau actuel des inégalités de revenu n’entraîne pas de disparités dans le classement des priorités en matière de santé. Nous obtenons donc un résultat intéressant : le recours aux soins médicaux est étroitement lié aux inégalités sociales, tandis que la priorité donnée à la demande en matière de santé ne l’est pas. 15 Il existe en effet un lien positif entre un niveau d’éducation élevé et l’accès à un emploi formel. Voir BIT(2018) 16
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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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