FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – LES TRAVAILLEURS INFORMELS, MAJORITÉ DE L’OMBRE Figure 5.4 Augmentation de la pauvreté monétaire par région due à la Covid-19 60% 40% 20% 15,2% 21,0% 15,8% 24,5% 26,3% 16,5% 0% Côte d’Ivoire Éthiopie Capitale Autres zones urbaines Zones rurales comme pauvres en termes de revenus. 2 La Figure 5.3 montre comment la part des ménages considérés comme« pauvres en termes de revenus » a évolué en raison de la pandémie de Covid-19. En Côte d’Ivoire, la pauvreté monétaire des ménages a augmenté de 19 points de pourcentage. Avant la pandémie, près d’un tiers des personnes travaillant dans l’économie informelle étaient pauvres en termes de revenus, alors qu’après la première vague de la pandémie, ce chiffre représentait la moitié. En Éthiopie, les niveaux de pauvreté monétaire sont généralement plus élevés, mais on observe une augmentation similaire de la pauvreté monétaire de 23 points de pourcentage. Près de 70% des personnes ayant un emploi gagnent un revenu inférieur ou égal au seuil d’extrême pauvreté. Afin d’étudier si ces changements varient entre les zones urbaines et rurales, la Figure 5.4 illustre l’évolution de la pauvreté monétaire pour les capitales, les autres zones urbaines et les zones rurales. La pauvreté monétaire a augmenté dans une plus large mesure dans les zones urbaines que dans les zones rurales. La part des ménages considérés comme pauvres en termes de revenus a augmenté de 16 points de pourcentage dans les zones rurales des deux pays. En revanche, la pauvreté monétaire urbaine a augmenté de 25 points de pourcentage en Éthiopie, et d’un peu moins en Côte d’Ivoire, avec 21 points de pourcentage dans les autres zones urbaines. Afin d’étudier quels types de ménages sont confrontés à la pauvreté monétaire en raison de la pandémie, la perspective de l’analyse change et se concentre sur les caractéristiques des ménages. Ainsi, quels types de ménages sont tombés dans la pauvreté monétaire et ces« nouveaux pauvres » diffèrent-ils des ménages qui étaient déjà pauvres avant la pandémie ? Les différences entre les deux groupes pourraient indiquer, par exemple, une urbanisation et une féminisation de la pauvreté monétaire dues à la pandémie. Les Tableaux 5.A1 et 5.A2 de l’annexe présentent les moyennes de diverses caractéristiques des ménages pour ceux qui ont sombré dans la pauvreté monétaire et ceux qui 2 Dans les deux pays, les seuils sont inférieurs au taux international d’extrême pauvreté de 1,9 dollar américain par personne et par jour. étaient déjà pauvres avant la pandémie. Nous commençons par décrire les caractéristiques générales des nouveaux ménages pauvres en termes de revenus des deux pays. Comme nous disposons d’informations sur le statut d’emploi informel de tous les membres des nouveaux ménages pauvres, nous pouvons constater que la plupart des membres de ces derniers travaillent à leur compte et sont âgés en moyenne de 10 à 29 ans. Les chefs de famille des nouveaux ménages pauvres sont principalement des femmes qui ont suivi un cycle scolaire primaire. Outre ces caractéristiques générales des nouveaux ménages pauvres, il est important de comprendre si la pandémie a fait basculer dans la pauvreté des types spécifiques de ménages, qui diffèrent du profil des ménages déjà pauvres. Comme nous disposons d’informations détaillées sur le chef de famille, mais aussi sur tous les autres membres des nouveaux ménages pauvres en termes de revenus et des ménages pauvres préexistants, nous pouvons étudier ce qui les différencie. La Figure 5.5 présente les différences entre les deux groupes. Les différences détaillées des moyennes sont présentées dans la colonne 3 des Tableaux 5.A1 et 5.A2. Une différence positive entre les deux groupes indique que la moyenne de l’indicateur est plus importante pour les nouveaux ménages pauvres en termes de revenus que pour les ménages déjà pauvres avant la pandémie. Une différence négative indique le contraire. Le premier tableau de la Figure 5.5 présente les différences de moyennes pour l’Éthiopie. Les nouveaux pauvres en termes de revenus diffèrent en plusieurs aspects des ménages déjà pauvres avant la pandémie. Les ménages des nouveaux pauvres comprennent une proportion plus élevée de travailleurs informels et sont plus nombreux à vivre dans des zones urbaines. En outre, la part des chefs de famille qui travaillent dans les secteurs non agricoles, manufacturiers et les services est plus importante que chez ceux qui étaient déjà pauvres. Il est intéressant de noter que la proportion de chefs de famille ayant suivi un enseignement primaire ou secondaire est plus élevée chez les nouveaux pauvres, alors que chez ceux qui étaient déjà pauvres, la proportion de chefs de famille sans instruction était plus importante. La part des ménages dont le chef de famille est une femme 48
Sammelwerk
Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
Entstehung
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten