CONFIANCE DANS LES INSTITUTIONS ET PERCEPTION DU SYSTÈME FISCAL CHEZ LES PERSONNES EMPLOYÉES DE MANIÈRE INFORMELLE Figure 6.3 Perception du potentiel des diverses institutions à réellement changer la donne en répondant aux grandes priorités des personnes occupant un emploi informel Bailleurs internationaux Organisations de la société civile Syndicats Chefs religieux Chefs traditionnels Partis politiques Gouvernement local Parlement national Gouvernement national Président Pas du tout Très peu Un peu Beaucoup Note : les valeurs sont calculées sous forme de moyennes pour tous les répondants disponibles, dans l’ensemble des pays(sans pondération spécifique). Libellé exact de la question : En supposant que les acteurs suivants soient prêts à travailler en vue d’adresser les priorités que vous avez soulignées, pensez-vous qu’ils soient en mesure d’apporter un changement véritable et d’améliorer la situation par leurs actions ? – Options de réponse : pas du tout ; très peu ; un peu ; beaucoup ; ne sait pas/n’en a pas entendu parler[non lue à haute voix mais codée] de répondre à ces demandes et qui pourraient donc représenter des alliés potentiels. Les données révèlent que, dans les pays analysés, les personnes occupant un emploi informel accordent un niveau de confiance particulièrement élevé à leur Président(Figure 6.1). Dans les six pays inclus dans l’analyse, celui-ci représente l’institution politique formelle ralliant les niveaux de confiance les plus élevés. Les chefs religieux constituent le seul groupe ralliant systématiquement des niveaux de confiance similaires, et parfois même supérieurs, à ceux dont jouit le Président. Les organisations de la société civile, et notamment les partis politiques et les syndicats, sont les institutions qui suscitent le moins de confiance parmi celles dont il est question ici. 4 On remarque également la stabilité de ces tendances en matière de confiance entre les pays et les sous-groupes. Nous pourrions nous attendre à ce que l’âge des répondants, 4 Il convient assurément de tenir compte du fait que l’exposition aux institutions et leur connaissance pourraient avoir une incidence sur la manière dont la population visée les considère. Nous avons ajouté une question sur la connaissance à l’égard des syndicats, qui nous permet partiellement d’examiner cette question. De façon générale, le niveau de confiance n’a que légèrement fluctué. Parmi ceux qui déclarent qu’ils n’ont jamais entendu parler des syndicats, la valeur moyenne de la confiance est(2,11) ; cette valeur est légèrement inférieure pour ceux qui déclarent« J’ai entendu parler des syndicats mais je ne sais pas ce qu’ils font »(2,10). La confiance augmente chez ceux qui disent« Je sais peu de choses au sujet des syndicats »(2,21), mais diminue pour ceux qui ont prétendu en savoir le plus au sujet de ces organisations(« J’ai entendu parler des syndicats et je sais ce qu’ils font »). Globalement, on constate toutefois un écart considérable entre les pays en ce qui concerne les réponses ; parmi ceux qui déclarent savoir ce que font les syndicats, l’évaluation est particulièrement positive au Kenya, en Zambie et en Éthiopie, mais particulièrement négative en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Bénin. Quoi qu’il en soit, pour tous les pays, le nombre de personnes déclarant bien connaître les organisations syndicales est faible. leur niveau de revenu et d’éducation, ainsi que leur lieu de résidence(rural ou urbain) influencent fortement le degré de confiance. Mais cet effet semble minime(voir Figure 6.A7, Annexe). Au-delà de la confiance en tant que telle, pour comprendre quels acteurs les personnes occupant un emploi informel estiment pouvoir être à même de répondre à leurs demandes, il est important d’évaluer dans quelle mesure elles estiment que les différentes institutions se préoccupent effectivement des questions qui les concernent. Notre enquête comprenait une question à ce sujet. Dans l’ensemble, les résultats reflétant le nombre d’institutions perçues comme se souciant des priorités de la population sont légèrement inférieurs aux résultats relatifs à la confiance(voir la Figure 6.2). L’écart entre la confiance(abstraite) dans les institutions et la perception(plus concrète) du degré de préoccupation de ces institutions à l’égard de la population concernée peut témoigner d’un cloisonnement entre bon nombre d’institutions et les personnes employées dans le secteur informel. Les chiffres suggèrent en effet qu’une proportion notable de personnes employées de manière informelle considère que de nombreuses institutions se soucient plutôt d’autres questions n’ayant pas d’importance particulière à leurs yeux. Enfin, en termes de perception des différentes institutions, il serait intéressant de comprendre quelles sont les institutions que les personnes de l’emploi informel pensent être capables de réellement faire évoluer leur situation car il est certain que cette perception influence leur motivation à coopérer, à engager et à faire pression sur diverses institutions, tout en indiquant qui détient, selon eux, le pouvoir de changer les choses. Conformément aux résultats précédemment décrits, le Président est considéré comme le seul acteur capable de faire une différence, tandis que les syndicats et les partis po57
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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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