Le dialogue social en Tunisie après 2011: défis et perspectives dans une conjoncture de transition démocratique Partie II. Les perspectives du dialogue social 1. Une évolution socioculturelle et économique du dialogue social 1.1 L’évolution de la culture de la conception du dialogue social par les partenaires sociaux 1.1.1 De l’Etat interventionniste à l’Etat facilitateur du dialogue social L’Etat employeur ou pouvoir public selon son statut au dialogue social est partie prenante à part entière au dialogue social. Bien qu’il ne soit plus le principal employeur en Tunisie, il demeure néanmoins, facilitateur, voire, initiateur de ce dialogue par l’intermédiaire de l’administration du travail. Rappelons, qu’avant 2011, l’intervention de l’État providence a été en fait excessive, sans l’opposition des partenaires sociaux, car sans son intervention, soit directement ou indirectement, il est souvent difficile d’entamer un dialogue social tri ou bipartite. De même qu’il est difficile de parler de l’Etat neutre en raison notamment du déséquilibre des rapports de force entre les partenaires sociaux qui risque de déboucher sur des accords déséquilibrés et fragiles. Ainsi, il n’est pas toujours facile de concilier l’intervention de l’Etat pouvoir public et politique avec l’autonomie des organisations d’employeurs et de travailleurs, condition fondamentale de la promotion d’un dialogue social libre et indépendant. Après 2011, le rôle de l’Etat dans le dialogue social passe de l’extrême à l’extrême, d’un interventionnisme excessif bien qu’il soit implicite et indirect à un abstentionnisme quasi-total dans les négociations bipartites entres les organisations d’employeurs et de travailleurs dans le secteur privé. Il est nécessaire de ne pas confondre les deux statuts juridiques de l’Etat: pouvoir public et employeur selon sa position dans le dialogue social. Cependant, la distinction n’est pas aussi nette qu’on le pense, car il est difficile à l’Etat employeur de se défaire de sa casquette de pouvoir public. Ainsi, au cours des négociations des salaires dans la fonction publique en 2019, l’Etat a essayé d’adopter une politique restrictive en sa qualité mixte d’employeur envers les syndicats et de pouvoir public envers le FMI afin d’honorer ses engagements de compression de la masse salariale. 75
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Le dialogue social en Tunisie après 2011 : défis et perspectives dans une conjoncture de transition démocratique
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