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L' illusion de protection : les missions de soutien à la paix en République démocratique du Congo
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été pris à partie par des éléments des FARDC. Dans son rapport sur les violations commises par les FARDC à Goma et Kanyabanyonga en 2008, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de lHomme(BCNUDH) note que des soldats FARDC en fuite ont attaqué une patrouille de la MONUC à coups de pierres et en leur tirant dessus avec des fusils sur la route de Rwindi(16 kilomètres au sud de Kanyabayonga). De plus, limplication de certaines unités des FARDC dans les violations de droits de lhomme dans la région ainsi que leur alliance avec des milices locales, a aussi rendu difficile une coopération efficace avec la MONUC dans la protection des civils. Cela a contribué à exacerber les tensions entre la MONUC et les autorités congolaises qui exigeaient de lONU dappliquer, sans tarder, le chapitre VII face à Nkunda. De la MONUC à la Monusco: première tentative de désengagement En juin 2010, le Conseil de sécurité décide dune reconfiguration de la MONUC, puisque la RDC entre dans une nouvelle phase de sa transition vers la consolidation de la paix. Avec la mise en place des institutions politiques issues des élections de 2006, des progrès au sein des programmes de Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation(DDRRR) des groupes armés étrangers, ainsi que ceux de désarmement démobilisation et réinsertion(DDR) des groupes armés locaux, les succès des opérations contre les FDLR et les LRA et la signature de laccord du 23 mars 2009 mettant fin au CNDP, le gouvernement congolais estime que la situation sécuritaire sest améliorée dans lest de la RDC. Il faut envisager un désengagement de la MONUC. Une mission dévaluation technique est mandatée par le secrétaire général des Nations unies et des discussions avec le gouvernement congolais et les pays contributeurs aboutissent à un cadre stratégique intégré(CSI) de la MONUC. Celle-ci devient alors Monusco. Durant cette période de stabilisation, la Monusco devrait concentrer sa présence militaire dans trois provinces de lEst(Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema) et concentrer ses actions autour des tâches critiques consistant à achever (les) opérations militaires en cours dans le Kivu et en province orientale et réduire le plus possible la menace que constituent les groupes armés(...). Mais aussi aider lÉtat congolais à acquérir progressivement des capacités en matière de sécurité pour prendre la relève de la Monusco, et enfin renforcer lautorité de lÉtat. Dans le cadre de cette mission de stabilisation, la Monusco, en plus de son mandat de protection des civils, devait appuyer la RDC dans la réforme de larmée, de la police, de la justice, lélaboration et la mise en œuvre dun plan de stabilisation et de reconstruction et aider le gouvernement dans la lutte contre lexploitation illicite des ressources naturelles. Ces efforts devraient permettre daboutir au désengagement de la Monusco entre juin et août 2011. Quinze ans plus tard, la situation dans les provinces du Nord-Kivu et de lIturi sest enlisée. Dune part, le conflit dans ces deux provinces a repris, provoquant une crise humanitaire sans précédent depuis 1999. Face à cette crise, la réponse de lÉtat met également à lévidence léchec des réformes du secteur de la sécurité et lincapacité de larmée congolaise à défendre le pays contre les groupes armés locaux et contre les agressions étrangères. Graphique 1. Évolution des effectifs autorisés de la Monusco depuis 1999 Image 1 Personnes déplacées Effectifs autorisés MONUC/Monusco 1999-2025 Source: différents rapports du secrétaire général des Nations unies depuis 2000 8 Friedrich-Ebert-Stiftung e.V. Année