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L' illusion de protection : les missions de soutien à la paix en République démocratique du Congo
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congolaise et la convaincre de leur volonté politique réelle daider la République démocratique du Congo à mettre fin à la crise dont ses citoyens paient un lourd tribut. Il est cependant important de contextualiser cette déclaration. En 2023, le Président congolais brigue un nouveau mandat pendant quune partie du pays fait face à une agression. Des manifestations contre lONU sont organisées dans plusieurs villes de lEst. Ce discours est donc aussi destiné à une opinion publique congolaise critique envers la présence onusienne. Christophe Lutundula nest pas le seul responsable politique congolais à avoir essayé dinstrumentaliser la Monusco en période électorale afin de sattirer la sympathie des masses. Bahati Lukwebo, alors président du Sénat, a déclaré lors de son passage à Goma: Nous nous posons même la question de savoir si ça vaut la peine de garder la Monusco sur notre territoire. 20.000 hommes qui sont depuis plus de 22 ans au pays, et on na pas la paix. La Monusco reconnaît la présence dun sentiment anti­Monusco au sein de lopinion mais tient à défendre son bilan elle estime avoir contribué à la paix. Selon un fonctionnaire onusien à Bukavu, la mission est malheureusement un bouc-émissaire. Il affirme que malgré les interférences politiques qui la présentent négativement, les bénéficiaires des services de la Monusco étaient contre son départ: Nous avons amélioré les conditions de détention dans beaucoup de coins. Je ne peux pas dire quil y aura un vide sécuritaire. Sinon ce serait un manque de respect envers les services de sécurité qui sont nos partenaires. Je dirais plutôt quil subsiste une inquiétude sécuritaire. Depuis la prise de Goma et de Bukavu par le M23, des discussions ont eu lieu sur un éventuel redéploiement de la Monusco y compris dans des zones d elle sétait retirée en juin 2024. En décembre 2024, alors que la situation na cessé de se détériorer, le gouvernement congolais a demandé à lONU de reporter son départ. Dans une nouvelle correspondance au Conseil de sécurité, le Ministre des Affaires étrangères a suggéré un retrait un retrait fondé sur les zones pacifiées en Ituri et au Nord-Kivu, permettant une approche plus flexible et conditionnelle(lettre du 11 décembre 2024). 4. Imposition de la paix et les forces régionales: est-ce une alternative à la crise sécuritaire en RDC? La question du mandat a été au centre des critiques contre aussi bien la Monusco que lEAC-RF ces dernières années. La force régionale de lAfrique de lEst sest ainsi retrouvée dans une polémique sur le sens de son mandat. Les textes régissant son mandat lui autorisaient de combattre et éradiquer les groupes armés, mais, cela sest avéré être la même compréhension que les personnes interrogées dans le cadre de cette étude. Par contre, cela ne semble pas avoir été la compréhension des pays contributeurs. Pour le commandant de la force EAC-RF, le mandat consistait tantôt à protéger la ville de Goma, tantôt à couvrir une zone tampon à lissue du retrait du M23 suivant les acquis du processus de Nairobi. Cependant, cette étude montre que la Monusco, comme lEAC-RF, est jugée principalement sur base de la compréhension que la population se fait de sa mission de protection civile, de ses postures publiques, et des attentes dues à sa longue durée. De plus en plus dacteurs régionaux prennent de limportance sur le terrain sous forme de missions sous un mandat de lUnion africaine, endossés par celle-ci ou sous dautres appellations. Sur le terrain, elles font aussi face à limpatience des populations civiles qui sont en manque de paix. Ces forces sont également confrontées à plusieurs défis relatifs au financement, à la coordination daction, à ladhésion au droit international humanitaire et aux droits de lhomme, à la protection civile, et même en termes de gouvernance sécuritaire. Des efforts pour répondre à certains de ces défis ont conduit à ladoption de la résolution 2719 qui permet le financement des missions africaines par les Nations unies. Lanalyse des entretiens dans le cadre de cette recherche montre que, contrairement à lenthousiasme de la communauté internationale sur le potentiel rôle que pourraient jouer les missions de paix régionales, ces dernières soulèvent davantage de discussions dans lest de la RDC. Ces discussions sont alimentées par le manque de transparence de ces forces en ce qui concerne leur mission, mandat et leur action; sur la composition de leurs troupes, et sur les dynamiques régionales de la crise dans lest de la RDC. 16 Friedrich-Ebert-Stiftung e.V.